Comme du pain aux oiseaux

Francine Laugier

Novembre 2015





AGUÉRIE

Tout n’est que silence, tout dort. Passagère nuit qui m’embarque de lassitude en lassitude.

Dans la brisure du malon, deux pattes, fermes et agiles, à l’extérieur, petite araignée est dans sa cachette.

J’aimerais plus comprendre pour pouvoir le dire en chant, pour continuer la traversé. Cette longue nuit qui laisse de l’air au doute, bâtie de l’ombre si épaisse que je peux la tailler au couteau. Tout en moi tendrait vers la gaîté, le bonheur d’être en vie, enfin solidement amarrée.


Clair de jour, l’aurore se lève et la mouette sur le toit couve son petit ; j’ai voulu peu et beaucoup, ce qui était soutenable pour mon être. J’ai voulu l’humain, humain. À vivre au jour le jour, j’ai oublié de faire des châteaux-en-Espagne, mais on nous avait appauvris bien avant. Peut-être rien n’était joué, rien. « C’est la vie qui nous mène » et nous donne la chance ; de lointain en lointain la terre peut-être évolue. Certains disent sa course folle, mais elle danse cette boule, en harmonie avec le cosmos. En harmonie avec elle dans l’espace-temps, c’est mon cœur qui chavire quand je suis dans les bras de mon amour.


La soudaineté de l’écriture, me surprend toujours ; le tumulte au loin me laisse m’assouvir à la source éclairante des mots qui vivent en moi comme mille étincelles d’artifice. L’enfant veut encore donner un nom au coq, à la déesse ; il n’aura pas de réponse de l’imposante Marianne au sein découvert, qui s’est endormie. Marseille ploie sous la chaleur. L’enfant toujours interrogera, comme la louve appelle la pleine lune, comme… etc. Le sourire de la Joconde, douceur ambivalente que même les madones copièrent, laisse place au prospère Bacchus.


La réalité toute crue ne laisse jamais tomber le rêve, ce présent joue du futur. Se lève enfin des projets, une accalmie tuant ce boucan du tonnerre. Des mois durant, j’ai sauté de la plus grande joie à la plus terrible peine. Qui peut bien prétendre connaître mon cœur mieux que moi-même ? J’ai été arrêtée, qu’importe ! Je suis devenue tigresse.


De la dérive à la certitude, ma curiosité perce, tout est bon pour ma plume affûtée. Cette douceur qui s’enquille dans ma page, comme outil fait corps, passe et ondule l’énergie, a l’air d’une chatte sautant la barrière. Douceur, ainsi éveillée je laisse les sottises, m’attelle au grand découvrement tenable pour mon être. Curiosité que je glisse dans les mots, assouvie en partie ; j’ai tranché sur le dilemme pour me sauver, parce que je crois au bonheur d’être en vie.


Mes lèvres tremblaient, Dieu ne me parlait pas, seul le jugement des hommes me touchait, et l’humain est un être lent, qui ne sait pas jouer en groupe. Combien je me préfère sous la féerique lumière de la lune, elle me porte conseil.

Une chatte miaule dans la nuit. Pour elle c’est le temps des amours, car je sais qu’elles peuvent être amoureuses.

Plaisir d’être bel et bien en vie, enrichie du malheur qui s’était abattu sur moi. Hommes et bêtes, l’humain frappe gratuitement avec son bâton, et il veut comprendre les cieux.


Qu’elle me parle encore. Je me sens si isolée, si loin de tout, si démunie. Je tenais entre mes doigts mes plus beaux poèmes, et voilà qu’ils sont devenus du sable. La chaîne des mots a été interrompue avant que je ne dépose mon fardeau. Et ici, l’on m’offre des colliers de railleries, que je dois porter à mon cou, pour plaire à ceux jamais assouvis. Je ne sais même plus l’ère où je me trouve, ni ce qu’elle manigance. N’y a-t-il pas eu de la déraison dans ma complète compréhension de la révolte ? Je ne renie pourtant rien, ni la tendre jeunesse, ni la sage vieillesse, mêlées en moi.


Ce qui devait arriver arrive : la fatigue m’a gagnée. La chute s'avéra tout d’abord agréable et consolatrice. Si je n’étais toujours là, à quémander un peu de repos ! Cela tient du combat, cette volonté qui me pique, qui me donne la chair de poule. L’ivresse des sens, jusqu’à prendre la tasse. Je tire les mots, et je pars sans trop savoir. Ô Dionysos, saoule ma parole, qu’il sorte mon métissage, armé de chants et de danses frénétiques, que plus rien ne se fige, j’annonce l’aurore de traînées rose, j’annonce l’aurore d’un nouveau jour.


Aguerrie je ne verrai plus jamais la réalité comme avant. Je verrai toujours la lumière dans l’ombre. Jusqu’à ce que m’apparaisse le surréel, l’action et l’amour me laissaient inassouvie. Je lançais un merci, qui me revient en ce mois de bouquets de muguet, je reste muette devant la fine blancheur des clochettes. Pas à pas j’ai gagné sur le malheur, celui qui obscurcissait mes nerfs, courbait mon corps, et alanguissait mon âme. Regarder l’immensité avec espoir, mais ne jamais quitter des yeux notre terre bleue.


Les mots pénètrent parfois, par tous les pores. J’ai décidé de ne pas les faire taire, jusqu’à ce qu’ils s’usent, jusqu’à ce qu’ils disent ce que je veux bien leur faire dire. Je veux plonger dans la langue, comme un matin, dans l’eau fraîche de la plage du Prophète. J’ai fait un rêve un jour, où je m’y noyais, dans cette eau salée. Mais avec ma langue jamais il ne m’arrivera chose pareille, car je sais faire corps avec elle. Elle me pénètre pour que je dise ce qui m’envahit dans ce port du bout du monde. Ce port qui aurait plu à la maigreur de Jean le Baptiste, comme il a plu aux anciens grecs. La craintive Artémis, puis Marie-Madeleine de la Bible, voilà toute l’histoire de Massalia, que l’on m’a contée. Bien sûr tout cela me surpasse un peu, m’habite pourtant, parce que je le veux bien, je veux bien être fidèle toute ma vie.


Avril 2015

Boule de terre

Se faire du mauvais sang, l’image est la bonne, bouillonnante, arriver aux contradictions internes. Comme l’arbre qui sort de l’hiver indemne, j’ai besoin de soleil. Savoir être soi dans ce bourbier. Têtue comme la vie, boule de terre qui bouge, je suis la terre qui se regarde vibrer dans l’espace. Je me suis aussi faite temps, avec ses va-et-vient, ses coins obscurs et clairs. Boule de terre qui se meut, la profondeur est en moi, la surface est mon corps, je n’ai de racines que de l’autre. L’autre qui m’explique que le soleil penche sur son axe, la terre aussi lui dis-je. Rien n’est droit, tout est souple, comme je laisse le hasard entraîner ma pensée.


L’enfant me regarda avec mépris. C’était si inattendu ce sentiment exprimé, pour un enfant de son âge, que je suis restée coite. Ne rien enlever au tableau de la nature, me dicte ma nature.

Voir en plein jour son nouveau visage, je reconnais j’ai vieilli, sans regret. J’ai choisi entre deux maux, que vibre ma plume et me voilà sur terre.

Aucun secret ne m’est totalement découvert, seul le signe me parle quand il se passe dans le temps, avec une justesse certaine.


Cet homme, cet inconnu, face à l’inconnu m’a protégée. Sa tranquillité rayonne encore en moi. Son regard m’a rassurée, m’a aidée à supporter l’autre regard malveillant. Il me ramène à ces femmes, qui trouvèrent les mots justes, quand j’étais en peine. On ne laisse pas tomber la chaîne de la vie, où tout humain reconnaît son semblable.


Peut-on vivre de grandes joies sans grandes souffrances ? Nous demandons toujours de la quiétude. Je me souhaite encore de grandes joies. De celles où l’on communie en œuvrant, de plus petites comme ressentir la beauté des choses. Plus petites, car la beauté des choses peut saouler et noyer l’esprit si l’on n’y prend garde. Il n’y a qu’un peu l’outil qui libère et tient en même temps en vie.


La pensée de la terre ne m’a jamais quittée. Toute pensée sur les extraterrestres fuit si vite. Le jeu de la marelle était «  France, terre, lune, système solaire, et pour l’amour j’ajoutais la Grande-Ourse ». Je faisais le pari de Pascal, celui de la bonté. Tant d’amour et si peu d’amour dans les églises. Depuis quand ce secret ? Moi qui suis athée que puis-je comprendre ? L’ère du poisson passa si vite ! Enfants robustes des madones. Premier cri de l’enfant après la gifle, confirmation. Adolescente, si je n’avais pas été une femme, je me serais voulu prêtre, pour toutes les portes ouvertes.

Le creux du temps nous recueille en son sein maternel, dans le grand secret qu’est l’histoire. Elle s’écrit un peu comme s’inscrit le lit de la rivière, tumultueux et rageur par moment, à d’autres moments clair et frais.


Corps réchauffé, je suis sûre d’arriver au bout de cette nuit sans que les hésitations ternissent l’audace de ma pensée.

Les nœuds ne sont plus miens, je suis arrivée à bon port, avec un surplus de joyeux entrains.

Me voici après la nausée, après le jaune de la peur, solide sur mes jambes.

Nouvelle certitude, nous fûmes deux, puis trois, puis quatre ? Puis... et ainsi va la ronde des pas.

Me toise encore la nuit, j’affirme mon corps, j’y affermis mon caractère comme pour une deuxième jeunesse.


Séléné, depuis que je ne te nomme plus. Je ne nomme plus personne. Pour moi tu fais partie de ces Déesses qui hantent les athées, qui donnent l’image à leurs poèmes, qui bercent leur solitude de doux agréments. Monique te disait rousse, moi blanche comme mes nuits. Monique t’appréhendait, moi je t’accueillais comme une véritable amie. Ce soir, de repenser à moi, je pense à toi, j’ai tant voulu te rejoindre, Déesse de la maturité. Ma pleine vérité, je ne la connais pas moi-même toute entière, sous tes rayons d’argent j’écris, pour ceux-là même qui te prient.


Je n’aurais jamais eu autant de temps devant moi, que ces nuits, que ces mois, que ces années, où m’accrocher en cœur battant. Et cette chanson qui fait mal, qui clôt un chemin, et déjà il est trop tard. Nous payâmes si cher ce jeu dangereux, nous n’en payons plus le prix. Lequel des deux rongea le plus ses freins ? Aujourd’hui nous roulons côte à côte, nous savons au moins que ce n’est pas pour rien que notre âme heurta le petit animal sauvage, qui dormait en nous. La nature est si belle ce printemps, nos cheveux où perle la rosée, avec la rivière aux reflets verts et gris, l’arbre, au tronc droit, où nous n’osons plus graver nos noms, la nature nous transporte à nouveau sensuellement.


Jamais je ne me suis sentie à l’étroit sur terre. Les pensées, oui, me paraissent prisonnières, comme des insectes derrière une vitre. La fiction est un « à-peu-près » du réel. Toujours ma langue parlera celle des philosophe et des poètes. Car ma langue jamais ne tarira. De Montaigne à ce siècle de changements, de désespoir en espoir, la vie chavire et se redresse même quand elle se courbe.

Avec la nuit les voix se sont assouplies, je me sens légère, mon corps. Comme je me sens gaie d’âme et d’esprit.


La veste est si douce sur mes épaules. Faire tomber la nuit du côté plaisir, car cela fait presque mal ce plein noir, cette attente suspendue. Être, être malgré tout, tapie dans l’ombre, pour surgir à nouveau. Années de solitude, pourtant je ne quémande plus les caresses, je lis les morts. Contrainte de la mort, jamais inassouvie, se perchent les heures de ces moments, affûtées comme les griffes d’un chat. La foule m’attriste, je lui préfère le recueillement de mes livres. Langue morte sans les regards amis, après tout je suis d’une fidélité sincère dans tout ce que j’entreprends. À mes côté je vous croyais.


La patience des vainqueurs, la haine des esclaves. « Quand tu dansais, Doly, moi je pleurais, Doly. » La conquête de le liberté se gagne par la justesse de sa pensée. Il m’a fallu tant de coups pour que je respecte les autres. Cette liberté que certains miment jusqu’à la caricature, grotesquement, parmi les clochards qui se taisent. Esclaves d’esclaves, je me tourne vers le soleil. Qu’elle grande civilisation que celle qui terrasse la mort pour sa liberté. L’hymne à la terre est un grand projet.


Avril 2015

Sans titre

J’ai vu le mal en face. Je n’ai pas bronché. J’ai vu le mal et il ne m’a pas froissée. Il m’a fait redescendre dans mon vide intérieur, j’ai retrouvé les clés de ma maison. On ne peut parler du mal que par images, car il n’existe pas. Il glisse comme du sable. D’ailleurs le diable ne se montre jamais. Il se faufile dans les êtres, qui honteux cachent leur visage. Il passe et terrasse ceux qui y prennent goût. Verrai-je encore la jeune fille souriante ?


Aujourd’hui des hommes se noient, des hommes sont jetés à la mer, la méditerranée est devenue un cimetière. Des femmes enceintes, des enfants, la mer engloutit. Embarcations chargées, rafiots coulés, la mer avale. Le rêve, et la funeste fin. C’est la mer à boire, c’est immense... Le rêve est broyé.


Dans une journée il y a des moments de profondeur où j’embrasse ce qui à d’autres moments me passe inaperçu. Je suis alors en phase avec ce qui vit, c’est ce qui augmente ma compréhension. J’habite mieux l’espace et l’instant. J’expérimente un au-delà du rêve et de l’éveil. Dans l’expérience, une expérience polysémique, où pourtant je ne me perds pas ; elle donne œuvre sur mon établi, comme une vue perçante, j’atteins au but.


S’ils étaient tournés vers moi ses mots, s’ils étaient pour moi ?

Je me les lis à haute voix. S'arrêta ma pensée vers elle, ainsi que nos souvenirs. Le présent demandait son lot d’émotions et elle n’en était pas. Je m’appuyais sur cette absence, je me projetais plus loin encore. Je sus que ma vie serait solitude, mais pleine de ce murmure cher à mon cœur. Je n’avais pourtant rien perdu, je m’étais plutôt enrichie.


Moment de solitude tant désirée. Temps consacré à l’écriture. Elle est toujours un exploit sur la compréhension qui me guide, comme une lampe éclairant mon chemin. Énormément de peines dans ma vie qui obscurcissaient mon dessein, me voici dans une marche assurée, où le but est d’avoir une vie pleine dans ce désir fou qu’est la vie. L’essentiel maintenant est de gagner sur cela même qui enchaîne, qui veut me faire chanter faux, me faire croupir dans la masse anonyme. Libre je suis.


J’aimerais bâillonner ma fatigue. À bas la réalité perdue dans le rêve, que j’invente le sens de mon étonnement. La fougue de mon mouvement intérieur m’annonce une fin de bataille. Après tant de témoignage me restent les recettes de vie ; c’est sérieux comme des yeux qui captent la brise dans les branchages, la beauté de cette église de style baroque, où les mouettes planant dans un ciel bleu. Matriarche de mes mots, que mon expérience rend pratiques et significatifs, comme les sillons que fait une charrue.


La réalité revient, brutale comme la corne des rhinocéros quand ils s’affrontent. L’anxiété est devenue brumeuse. Disparu le complexe de Caïn, foudroyant symptôme. Nous sommes embarqués, sans choix aucun, dans ce typhon qui aspire notre moelle épinière, l’essence même de ce qui nous tient droit. Quand la blessure est refermée, n’est plus narcissique, nous revenons à nous, le corps flétri mais l’âme en paix. D’autres alors prennent la relève, j’aimerais tant leur enlever cette épine du pied.


Seuls l’amour et l’écriture sont fidèles, me comblent même quand mon intimité est violée. Je suis chaste toujours sous le regard de la marâtre, et de l’étroitesse d’esprit. Nous avons fait un plongeon avec apnée de sentir le sol pollué par tant d'aversions. Bravant la terreur nos amis ont conjuré le sort, comme des lions, et nous tigres dans notre solitude nous pesons, comme au début des humains, nos âmes vives, saines et fidèles.


Faut-il perdre son temps ? Laissez, vous ne comprenez rien à ma joie. Prendre au rebond, avant que ne s’envole parole au vent. Laissez, vous ne comprenez rien à ma peine. Ô mes seize ans ! Puis le bonheur se compta en jour, sauf ma peine qui est cruelle. Le sablier est le même pour tous. Plus subtil est le sablier de l’oubli, jusqu’à ce que ne revienne, avec la mémoire, la vie volontaire. Taisez-vous, vous ne comprenez rien au devoir, je suis fille de la terre.


La matière fait de l’ombre. Comment ne comprenons-nous pas ? Une pensée pour la paix, vers nos plus belles actions. « Un au-delà du bien et du mal », l’horizon du vivant, comme… et là je ne trouve pas d’exemple, je ne suis pas prophète mais seulement écrivain.


Mai 2015

Devant ma glace

Flottement, comme un bonjour lancé de la lune, ou sur la pointe des pieds faire signe. Quand les tiroirs de ma mémoire vont s’ouvrir alors, mes privations seront finies. Je n’ai plus qu’à attendre. Finis ma sueur, mes tremblements, mon effroi, mes courtes promenades. Quand j’ouvrirai les tiroirs de ma mémoire, je boirai le lait de mes sept ans, j’aurai pour amie une âme ferme et consolatrice, j’écrirai un roman qui se passe sur la lune amie des monologues, des longs silences. J’ouvre le tiroir de ma mémoire, et j’y rencontre des vivants et des morts, je vois pousser des arbres, je ris de savoir que j’ai attendu jusque-là que quelque chose se passe.


Les chiens dans la ville sont lâchés. Je ne peux que leur dire « enlevez-vous de mon rayon de lune ». Je n’ai pas peur, la chasse aux loups a été ouverte. Il ne fait pas bon traîner et détruire.

Et vous, vous jugiez il n’y a pas si longtemps, mais de quoi êtes-vous capable pour la rebelle liberté ? « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »


L’affolement dans les poulaillers, les coqs ont pris un coup dans l’aile. Maintenant les poules jacassent. Aussi le coq a perdu l’habitude de lancer son « cocorico » à l’heure du lever du soleil. Les prêtres aussi oublient de sonner les cloches pour les matines. Plus rien ne rythme le temps. Le jour n’est plus fêté, et dans les villes les noctambules s’encanaillent, boivent du mauvais vin, l’estomac aigri.


« Avoir la grâce ou pas », disait Calvin. C’était certainement une parole d’amour. Après tant d’années, si longtemps à saisir les mains du passeur, je me retrouve avec mon honneur. J’ai peu de racines mais je ne suis pas déracinée. Je fais partie de ceux qui se sentent liés à la vie. Je comprends le sacrifice d’Abraham, et je mange des animaux, voici où se pose ma conscience. La sagesse est un combat de tous les jours, je le mène avec espoir et bonheur.


L’image était d’une statue dans le centre d’une place publique, qui donnait l’impression d’être prête à marcher. Du moins c’est cela que je ressentis en regardant ce dessin. « J’aurais préféré des mots » lui dis-je, en tournant mon regard vers lui. C’est un peu après, après quelques autres rencontres, que je me sentis plus vivante, c’est-à-dire mortelle. L’inconscient est structuré comme un rêve.


La tempérance dans les relations est bonne conseillère, elle me guide dans ce tumulte qu’est l’organisation humaine. L’affolement dont est prise cette organisation humaine veut faire douter de l’amour, de l’amitié, de la camaraderie, de l’entraide. Mais l’amour est loi de la nature, il fait plus jour quand nous le savons, car l’amour est le vrai guide de la vie.


Il commence à se faire tard, je grignote les reste du repas. Cheminer dans la nuit avec, pour tout repère, le froid du petit matin. Ni désiré, ni rejeté, l’oubli est là, qui guette comment s’organise le futur. Lui n’oubliera pas, je ne veux me souvenir que du chant harmonieux. Le reste sera pour nous un trou noir de bruit. Une chance s’offre à moi, loin de l’excès ou de la retenue, là où palpite mon cœur.


Parfois quand je me regarde dans une glace, je me sens laide : cheveux secs, rides. Jamais je ne me rejette. C’est bien mon âme qui habite ce corps. Je préfère de beaucoup me voir dans le reflet des glaces de magasins en marchant, car j’aime le mouvement de ma silhouette, même si mon regard se pose d’abord sur mon visage. Mon compagnon, qui m’aime, sait bien me prendre en photo. Sous son regard je ne suis jamais défaite.


Comment percer le silence ? Que contient-il ? Qu’est-il capable de faire ? Seule. Mes lèvres tremblent. Je suis prête à lui arracher le calme qu’il me faut pour lui adresser mes mots ; eux seuls savent de quel bois je me chauffe. Derrière, le sommeil. Le cauchemar qui surgissait des rêves des hommes. Seule, enfin seule. La chaleur aimable de mon compagnon, chatoyante et sincère. Vers quel but nous penchons-nous ? Minuit sonne dans mes pensées mauves qui se faufilent à pas furtifs.


Mai 2015

La porte de mon jardin

Que jamais la haine ne me surprenne, ne m’atteigne. Rattacher l’espoir à la réalité. Peur de ne pas être assez correcte envers moi, envers les autres ; ce n’est pas sans trac.

Nous avons plus besoin de certitudes que de vérité. À l’abri du tourment. L’oubli est là, que reste mon devoir d’être juste. Je souris à l’aurore.


M’enserrer dans ses bras, m’allonger tout contre lui. Promettre encore, dire toujours je t’aime, comme si c’était le début de notre rencontre. Être comblée par sa virilité. Être aimée jusqu’à ce que ma colonne vertébrale soit bien dépliée sous ses caresses, que tout mon corps ondule. Trouver le souffle de la vie. S’aimer, aimer. Du deux, un. M’allonger chaque nuit à ses côtés.


Qu’est-ce mère que j’oublie de toi ? Peut-être les doigts de la couturière, l’armoire fermée à double tour, et ma sécurité. La nuit la peur, les hommes comme des chiens, s’amusaient à terroriser, frappaient aux volets. Je prendrai toujours ta défense mère, devant ces faibles à muscles, nous passions le pont-levis tête froide, ils n’étaient plus qu’une haie de bois sauvages. Depuis je suis passée devant des hommes, parfois craintive, mais je n’ai jamais eu honte.

Toi tu m’as parlé, toi tu m’as respectée. Toi tu m’as laissée les clés de la porte de mon jardin secret.


Me laisser aller, car mes nerfs roulent en tambour. Un éclair de lumière se brise sur la vitre, comme un flash d’appareil photo. Mon tombeau s’est ouvert sur le ciel et un bout de nature. Je ne suis pas assez sage. Je dois garder ma tête sur les épaules. Beaucoup de choses se font seules. Pourquoi ? C’est certainement mieux ainsi, du moins pour moi, puisque je ne comprends pas. Je rencontre ce que je rencontre, être bien avec ce que je vis. Sinon, pour qui je me prendrais ?


Les fantasmes, les rêveries, ça tourne, ça tourne, ça revient dans l’histoire, comme elle, c’est circulaire.

On ne m’y reprendra plus.

Par contre, endiguer le fou est un vrai recul. Au mieux nous voulons en faire un singe savant. Décadence de l’art brut...

J’ai connu un fou qui ne voulait plus rien faire. Et je l’aimais ce fou ! « je suis en grève », disait Rimbaud.


Pleure fillette, il y a de quoi. Que sont les rêves de la jeunesse ? Ils filent entre les doigts, si vite tout passe, et toujours plus loin est ce que l’on cherche.

Ton cœur devient de plomb, tu trahis tes dernières chimères pour assouvir la paix qui est en toi. Tu trouves mille raisons d’aimer la vie, avec la rage d’un félin qui cherche sa proie. Tu t’armes de courage et tu gagnes sur la perfidie. Te voici éclairée, évitant la cruauté, tu vas sûre de toi, avec l’expérience posée comme un jalon sur ta route.


La malveillance, avec son bâton de pèlerin, la dépasser. Fuir son chagrin, parler de la crainte ; l’image est toujours la même : pieds nus sur les malons froids, je n’ai pas honte.

Je m’étais retrouvée, plus attentionnée, plus aimante. Avancer tant qu’il est encore temps, en chemin il y aura toujours connaissance et estime de soi. Qu’est-ce qui avait déraillé avant, avant ses moments secrets en buvant un verre ?


Quand dorment les arbres ? Ils paraissent si éveillés prenant le soleil, la pluie, le vent. Souvent si tortueuses, leurs branches ou leur tronc noueux. Les arbres ne dorment peut-être jamais, il se peut qu’ils rêvent éveillés. Ils reçoivent tant de visites, insectes, oiseaux, chats, et nous qui y gravons nos noms. Nous y cherchons l’ombre, appuyés sur leur tronc, pour y lire ou faire une sieste. Et la balançoire, l’enfant qui rit à chaque envolée. Arbre, arbre, dors-tu parfois ?


Gardien d’un souvenir le sommeil tient mes journées. J’essaie de tirer conclusion pour ne pas trahir légèreté et ondulation. Un clac de rideau tiré, le sort se joue dans la profonde chaleur. Mon ennemie à tous les défauts de la jeunesse : sur cette indécision je tranche vivement, rires, pleurs, je charge mon cœur.


L’amie du bien, le fleuve que nous descendons ensemble, comme deux sœurs liées par le même capricieux destin. Nous roulons parfois à nous perdre, l’incertaine origine ne me fait pourtant pas douter de ta chère présence. J’ai résisté, c’est l’amour qui m’a sauvée du chaos, c’est le désespoir qui me donnait la force. Si loin est ton étoile, qu’elle me noie de solides silences, quand ta voix me ramène à ce que nous fûmes. Pourquoi douter encore de l’incertain ciel, de ces longues journées à t’attendre ? Déjà le premier cri des mouettes, qu’il fait beau sous ces cieux.


Tant d’histoires qui s’entremêlent, révolutions, guerres, chûtes de civilisation. Mouvante terre, j’ai dansé sur des charbons ardents, le reste de mon temps à tâtons j’allumais la lumière.

La nuit traîne, le jour tarde, comme moi, tout a du mal à se réveiller. Encore aujourd’hui, une aurore dans la nuit. L’oiseau marche plutôt qu’il ne vole, les cieux aussi sont fatigués ? À la radio les émissions de la nuit finissent, Dieu que j’ai sommeil !


Comment bouger cette masse vide ? N’oublie pas, les mots brisent leur ronde, elliptique histoire. Qu’en sais-tu du lendemain ? Tu es déçue, terriblement déçue. Tout reste à faire. Courage, des automatismes se créent pour t’aider dans cette quête de naître enfin à ce bouleversant midi. Le sommeil ne fermera plus tes yeux avant la compréhension de ta propriété.


Juin 2015

JE N’AI JAMAIS JOUÉ

Je rends profonde la futilité. Je sème, bienveillante amie, ma récolte sera drue. Toujours je regarde la lune, quand elle est bien ronde pour les semis.

J’ai trop oublié de donner de la force à mes bras. Bien sûr me reste à corriger en douceur, mais souvent je manque d’énergie à revendre. Je manque d’énergie, comme si quelqu’un me connaissant me situait mal, et me faisait alors beaucoup de peine.


Pas se soucier, laisser la vague venir. « Rien de nouveau sous le soleil ». Je tiens, je tiens contre vents et marées. Ce qui est acquis est acquis. Ce n’est plus moi qui vais me briser contre la vague. J’ai gardé ma souplesse, comme mon esprit tangue mais ne va pas en tout sens, mon corps s’y affermit. Je ne manque jamais d’oublier ce qui fait mal. Ce qu’il y a de plus beau m’envahit et je m’y jette souvent comme dans un torrent, pour me retrouver à gauche de la berge, pour m’y prélasser, tempérée et assouvie.


Impressions de lumière dans ma peur. Que fait-elle ? Le secret de cette porte est mon troisième œil de solitude. Quand iras-tu laver ta peur de voir un jour sombrer une étoile ? Finis les doutes, qu’ils partent dans le trou noir de l’oubli. Je n’en ai plus besoin. Tu garderas ton nom, même au plus profond de ta mémoire comme si un jour arrivait ton imagination. Elle viendra toujours au bon moment.



Aurore tu m’as dit bonjour comme un paradis sur terre. Bergère vois-tu l’aurore percer le soleil ? Ah, aime le temps que le jour prend à se lever, délassant l’esprit avant le bain et le bruit des moteurs ! J’espère revoir cette aurore à ma mort, moi qui suis fille de la tombée du jour. Aurore, l’air planant, flottant sans le moindre sifflement, terre en paix. Terre en paix, fais que notre sueur, à toutes races devienne ta rosée de cette nouvelle levée du jour. Terre toujours levée de chaque bout du monde. Nous promettons la sagesse, et que l’éveil tant désiré ne nous fasse jamais oublier le merveilleux sacré de la terre, de son jour et de sa nuit. Nos morts qui savent et oublient, et le cycle des générations, tous nous désirons, un jour prochain, l’histoire comme la vague gourmande mange le rocher. Éternité au ciel, éternité à la mort du caillou.


« Mais ne nous soumet pas à la tentation. » Et bien luttons pour être délivrés. Tant d’années pour la compréhension, pour désirer cette prière. D’abord soigner son corps, puis l’âme et l’esprit. J’aurais tant aimé cette prière enfant, mais Marie aide ceux à qui il manque un parent. Puis l’enfant grandit et écoute la prière. Même athées nous aimons le « Notre père ». Pourtant la région du monde, en France, mon pays se nomme « fille aînée de l’église ». L’enfant Jésus et les moutons, l’auréole de l’électricité. La langue que j’écris là me plaît. Je n’ai jamais craint le jugement de Dieu. Celui des hommes beaucoup. Aujourd’hui toute vie m’apparaît camarade. L’amour, l’amitié nous offrent tant de possibilité d’être adultes. Jeune fille, jeunes gens soyez grands. Que la paix soit avec la mort. Et moi qui suis athée, je dis paix à la terre qui se trouve dans les cieux. Les sages restent sur terre.


Les enfants de la vie ont la vie âpre aussi. Je me donne pour charge d’approfondir ma connaissance de l’humain. Que ma vie soit plus douce que ce qu’elle a été, depuis que je suis née de mon père et de ma mère. Je pense à mon si tendre compagnon, que je comprends par dessus tout. Son buste et ses bras si forts qui me rassurent, l’amour en cœur, ses mots d’esprit si chers à ma gaîté. Tu m’as faite sage parmi les sages et les sages restent sur terre.


Ni diable, ni Dieu, ni maître. Telle est ma profondeur. Ma devise est camaraderie du hasard. Et les enfants me direz-vous ? Eh bien là est le mystère que je ne sais résoudre. Voici l’avancée de la vie, des vies de la terre. Tout tend au beau, tout tend à être heureux.

Au moins monter l’escalier avec plus de légèreté, le fardeau est si lourd !


« Dormir, rêver peut-être ». Vieux nous ne tournons plus dans nos lits, nous attendons la mort comme l’enfer. La seule chose qui me rassure c’est que je veux que tous les moutons sautent la barrière. Tant de fantômes, comme s’ils existaient, l’illusion est si forte, alors que la vie n’a pas besoin de cela. Ma chambre alors était un tombeau et la voici en pagaille, comme une marguerite effeuillée qui s’est arrêtée à « beaucoup ». Je comprends mieux le travail des hommes, le travail, mais pas la nature morte ; elles ont un regard si triste les jeunes-filles de Botticelli. Que le vent effeuille encore ces fleurs d’ange, quand enfant nous rêvons d’en être une. Enfant, laisse les rouges coquelicots, il est là le temps des flirts et des merveilleux frissons.


Je n’ai jamais joué. J’ai souffert terriblement, j’ai fait de beaux rêves, et me voici fatiguée mais indemne moralement et physiquement. Je me promets de revoir La Grande Ourse dans le ciel étoilé. Je songerai encore, en écrivant à la lueur de ma lampe et de la lune.


Juillet 2015

Des jours absents

Je marquerai un chiffre sur le gâteau, l’anniversaire et le mariage conjugués, avec des points de suspensions. Pour qu’à partir de ce jour-là le temps s’allonge pour nous deux. Les deux attentions tournées vers moi : celle qui fait que j’ai une intellectualité, et celle qui prend soin de l’autre.


La guerre étouffe et pourtant elle libère en moi l’énergie générique de l’amour. Que n’est ma joie de pardonner, de comprendre l’extranéité, d’être parmi les autres dans une cigarette fumée, un bout de fromage avalé, des chaussures abîmées... Que ne naître, comme le chinois Lao-tseu, qu’à soixante ans, me fera naître encore loin de ma naïveté. Pardonne « amour » ma lenteur, regardez, donc passer les nuages, les merveilleux nuages. Le cri de l’enfant mélangé au cri des mouettes, puis le cri de l’enfant qui dit « c’est nous les anges ». Taisez-vous donc cloches, sonnez plutôt les matines. Et le fou qui tient le monde, n’est-ce donc pas déjà assez de tenir, seulement tenir.


Ciel nuageux, c’est la terre qui boit son eau. Quand l’homme pleura je lui dis de ne pas se faire du souci, que j’avais bon espoir. Il n’avait rien d’un enfant, ni d’un vieillard. Pas de haine mon homme, nous ne sommes pas des bêtes. Un jour de mariage, je parle de la loi des hommes, de la virilité intellectuelle et manuelle. Je parle aussi des filles qui comprennent leur mère, même si le voile de la mariée garde les traces de l’aînée. Par bonheur, par respect des vivants et des morts, que c’est beau la vie.


Le ciel couleur de mer. Toujours ce rose dans le ciel marseillais, en France, couleur de petites filles, et les garçons en bleu. Toujours ce flot de mer dans le ciel. Qu’est-ce qui fraye le chemin ? La terre, l’humain plutôt, est jeune dans l’horloge de l’évolution. N’ayez crainte, ils craindront. J’aimerais être cette femme aimable, aimante. Sublimer, mais enfant, je craignais les chatouilles, même si je riais aux éclats. Je suis solidaire de la terre.


Je suis athée, ce sont des choses que nous savons bien assez tôt. Tout cela est comme les multiples langues de la terre. Ce qui est évident, c’est que nous pouvons en comprendre plusieurs. Moi qui aujourd’hui ne connais que ma langue française, je sais combien j’y tiens. Ce que je peux affirmer, c’est que des sages ils y en a de partout ; dans tous pays, dans tous métiers, dans toutes maladies. J’ai si peur de mourir avant de connaître une vie de femme fidèle et honnête. J’ai si peur de mourir avant de connaître la félicité. J’ai si peur de mourir avant de faire ce que j’ai à faire. J’ai tellement été aidée.

C’est si facile d’écrire. C’est le corps vieillissant qui fait mal. J’ai des rhumatismes comme ma mère, et je sais maintenant ce qu’est souffrir dans sa chair. Quand la douleur finit, elle recommence dans une autre partie du corps. Ce n’est que pour cela que nous regrettons la jeunesse, car elle attaque tout frontalement, avec courage.


Il y en a des jours absents dans ma semaine ! Absents de sortie aussi. Punie comme au collège, mais il était alors agréable de rester avec ma meilleure amie. Bien sûr il y a ce que nous appelons, nous autres, « des amandines » ; c’est comme une parole amie, c’est comme une caresse, c’est comme une sucrerie. Pour moi aujourd’hui c’est vaper du tabac brun, et c’est surtout boire du frais vin rosé. Mais toujours j’essaie de rester sur ma soif. Un jour où je me plaignais, alors que tout allait mieux, ma sœur Marguerite m’a dit « toute vie est un drame ». Nous écrivons tous le livre de la souffrance, maintenant j’en suis sûre. Et je me souviens de ses paroles. Qu’elles aident ceux qui ont mal. Oui, nous écrivons tous le livre de la souffrance.


L’écrivain Colette disait « je veux témoigner mais je ne fais que ma caricature ». Eh bien moi je dis « je témoigne ». Elle sur son amour de sa mère et des animaux, moi de notre mal à faire le bien. Le livre de Colette « La naissance du jour », était apprécié par le mouvement de libération des femmes. Moi j’écris des livres très différents. Mais j’aimerais bien que la jeune-femme, qu’on appelait « la mouette », m’appelle un jour : Madame Francine. Après tout je suis la vieille-jeune, tant de temps à devenir femme, et si triste l’appartement sans berceau ! Comme Colette j’ai eu deux maris, l’un avec qui je vis encore de tendres jours. Aussi dans le vide, je dis merci au bonheur d’aimer.


Le 7 août 2015


Cette hiérarchie personnelle

Je ne sais à quoi je pensais, je ne sais de quoi je me mêlais, mais je jette le tablier. Seul le destin le savait. Les drapeaux de Notre Dame de la Garde claquent au vent, ils font du bruit comme un enfant qui s’amuserait avec le mobilier urbain. Je remercie le ciel de ne pas m’avoir fait compter les jours, de ne plus jouer à l’ange, et d’offrir ce qu’il a de meilleur aux bienheureux. Pour fêter cela, je vais planter dans une assiette à dessert, sur du coton, les graines de blé qu’ils me restaient des fêtes de fin d’année.

L’agacement me quitte, laisse place aux petits maux du corps, fragilité dans la durée de mon espoir. Futur te voici donc là, pareil ou différent, je t’aime même si tu m’as demandé beaucoup de patiente.


Quand les oiseaux s’endorment les chanteuses populaires égayent ma vie. Fraîcheur de l’américaine, citadines anglaises, sombre London Grammar. J’en ai oublié ma langue. Lou-noir pour les yeux, guitare sèche, pieds, nus. Cigarette, rocailles enfantines, bohème. Mode de jeunes boutiques, ensemble orchestré, lèvres nues.

Concerts de printemps, loin des arbres, Paris, Londres, Amérique du Sud, jamais seul l’on ne chante. Jeunesse qui voyage, jeunesse qui use ses souliers, jeunesse sans classe. « La mouette » n’est pas venue de si loin avec le fuselage de son « madame Francine ».


D’amie en amie les visages se tournent ou se détournent. De mon côté, toujours je laisse une traîne de rosée. L’émulation qui se glisse dans la confidentielle boîte à messages. Les balades en voiture : la forêt de la Sainte-Baume, et les fleurs déposées sur la tombe des parents.

« La mouette », les silences dans ton écriture sont l’espace. Pas celui de la feuille blanche. Le silence qui avance, puis qui souffle les mots. Duras c’était des silences entrecoupés de mots, toi ce sont des mots entrecoupés de silences. Inclassable « mouette », dans la communauté des écrivains.


J’aime laisser faire ce que je rencontre, avec moi c’est le règne du hasard. Même une vie pauvre en tout est immensément riche. Il suffit de faire feu de tout bois. Mais pour cela il faut une certaine honnêteté, une candeur, une bonté dans ce que l’on prend et ce que l’on donne. La beauté est là, qui se laisse cueillir comme une fleur, dans l’éclat d’une perle, le juron qui tombe à l’eau, les rêves qui construisent. Jamais on ne repasse par le même chemin, chaque pas est une traversée, chaque port un amour, dans chaque faute nous trouvons la force et l’attrait de réparer. Nulle hiérarchie ne peut abolir cette hiérarchie personnelle. La sensibilité, l’émotion, nous aident à aller de l’avant. Parcourant notre vie avec courage, lucidité, avec bonheur.


J’attrape au vol, puis le bien me laisse trop seule, le sel de mes larmes ne se retrouve plus que dans ma bouche. Est-on obligé de cacher ses cartes ? Trop étalées elles peuvent aveugler l’arrivant. Comme « une bleue » au collège, je reprends mon tablier, comme elle je dessine la carte aux trésors du journal intime.

« La tête de cette épingle que chacun voudrait tirer du jeu, il me plaît de la chercher dans les étoiles », écrivait André Breton.


Une énorme distance s’est scindée, une ultime course contre la montre. Quelquefois je me souviendrai, je me remémorerai. Mère je te remercie pour toute ton attention. Tu fus l’une de mes dernières amies. Ma petite âme amie, nos murmures incessants tamisent mon humeur. Je jette mes phrases, comme d’autres du pain aux oiseaux. La loi des hommes, leurs lois, tout cela je le leur laisse. Je suis l’élue de ma guérison, je vaincrai.


Août 2015.


Est-ce une ronde ?

Nous fûmes vagabonds, vagabondages dans le temps. Cruelle vérité toujours pas comprise. Ils mentent à ma face, ils osent dire « nous n’y sommes pour rien ». Nul repos, je savais bien pourtant ce qu’il me fallait. Candeur dans ma jeunesse, mémoire de ma vieillesse ! Liberté, fraternité. Égalité ? Cela ira pour mes prières. Le vide est plein, plein de maisons, d’arbres, de gens. « La poésie sera faite par tous et pour tous ». Me voilà encore hier. Brisures du temps, dans l’été chaud des faux pas. La femme qui passe est belle, quel beau sourire qui flotte sur la ville. Je ne fus jamais seule.


Est-ce une ronde ? Comme sur le pont d’Avignon « l’on danse » ? Mer du temps, dans le ciel je place ma carte maritime. Angélique louve, toi aussi tu parles à la lune, que lui racontes-tu de la terre ? La fraîcheur des bois, la naissance d’une couvée, la mort de l’ancien ? « Pourquoi la lune ne parle pas ? » s’interrogeait Jacques Lacan ? Enfant, la nuit, j’attendais le marchand de sable en collant mon œil au trou de la serrure. Il n’est jamais venu à l’heure ou je l’attendais ; mais le vent, le froid me firent un orgelet, que je gardai en allant me coucher. Comme quoi la terre sait toujours répondre quelque chose à notre attente.


Un arbre peut-il être émouvant ? Ce n’est quand même pas un chat. Les arbres calment ma fatigue, j’aime les voir frémir quand tombe le jour. Alors je mets un gilet et c’est moi qui suis émue. J’attends dans ces instants la certitude de ma plume, je sais précisément que l’on ne peut voir les yeux d’une chouette, ce qui rassure mon cœur, et mon esprit alors vif. Je pèse le pour et le contre, le plaisir et le déplaisir, l’immensité de la joie et le bref moment de la peine. Ces sentiments là sont tellement plus tenaces que le bonheur.


Que le temps regagne sa course dans l’espace où les sons arrivent, perçants et explosants. Nous n’aimons pas le silence, nous n’aimons pas le bruit, nous aimons la symphonie bigarrée. Savoir respecter les objets, les faire à sa main, comme le stylo-plume avec lequel j’écris où le mod avec lequel je vape. Le ciel toujours, et les arbres qui déjà perdent quelques feuilles. Le ciel, un oiseau ou un papillon, passe. Une nonne passe, le dos un peu courbé. Une nonne passe, qui prie. Bientôt l’heure des courses ; le soleil, l’ombre, sur le boulevard. Dans deux jours l’école recommence pour les plus jeunes, les étudiants, préparent leurs dossiers. En automne nous ressentons tous un pincement au cœur, de joie et de tristesse mélangées.


Force de lionne qui défend et nourrit ses petits. Force comme on dit être saine et tournée vers l’avenir. Un tel présent pèse sur les épaules, comme se brise ma demeure, se salissent mes draps, comme eux voudraient que je plie. Comment nommer ce qui casse mon nez et mes reins, dans une glace je ne reconnais plus mes traits : je suis étrangère. Quel affolement court dans mes entrailles, cette canette de bière chaude que j’avale comme pour me débarrasser d’un poids grouillant dans mes muscles fatigués.


Ma langue, ma belle langue tu peux enfin dire le repos du corps et de l’esprit, pour qu’ils s’éveillent encore à la vie. La vraie vie loin de l’esclavage de la tyrannie. Leurs drogues, leur argent, leur prostitution, nous en faisons un feu où ils apprendront la même vie que les autres.


Je n’aime pas la loi des hommes. Je lui oppose la loi de la communauté des signes. Mon expérience qui va de bonds en bonds, comme pour engloutir la peine des années passées. Elle me dit « viens, cette fois-ci tu t’embarques à égalité parmi les hommes ». Ton être engourdi par tant d’efforts, tant de privations, la maison piégée, tant de signes à surmonter ! Ce soir j’oppose à tout cela la clarté d’une promesse déjà acquise, l’honneur de l’insoumission, ma gaîté qui rafraîchit mon corps et mon visage. Je me penche vers ce trésor qu’est l’oubli du mal, je tâtonne le bien et le trouve faste, dans mes mains adoucies.



Septembre 2015





II

LE GROUILLEMENT DES HUMAINS

Ne sachant ce qu’il advient je vis au jour le jour. Des livres qui ne sont plus, que j’aurais bien relu. Le cœur qui se met en marche et me laisse pantoise. Lambeaux de souvenirs, merde ! C’est le présent qui compte, au jour le jour. C’est un nouveau vide aussi, vidée de ce qui fait une culture, une civilisation. Tenir ce qu’il y a de plus individuel dans sa fonction, contre vents et marées, terre et cosmos liés. Le ciel se vide de ses oiseaux, comme si lui aussi tremblait. Toutes mes larmes se sont vidés par le nez.


Désespérée ou combative, j’en suis là. Là ? Là ! Ne se joue plus que la torture de l’épuisement, de l’énervement, je reste au lit ou assise dans la cuisine. Les mots à la radio, scandés, plus aucune attention. Esprit traqué, le sommeil tarde, tarde à venir, et je me sens toute petite parmi le grouillement des humains. La trace des ans déjà n’a plus sens. Où en étais-je déjà ? Déjà perdu tant de temps.


L’histoire est-elle en ellipse ou circulaire ? Tourne-t-on en rond depuis le début de l’humanité, ou avance-t-on ? A-t-elle une issue, autre que cela ? Ou la roue tourne-t-elle perpétuellement comme une noria ? Chacun son tour, chacun sa gloire ? Mais l’humanité, où va-elle ? Aura-telle une fin ? Osera-t-on muter ? Comme si je me heurtais à un mur.


J’ai mangé sa haine. Plus loin, à la plage, elle m’a écrit « le désespoir ne sert à rien ». Puis j’ai été si petite avec elle. Une amie que j’ai laissée filer, et qui a filé si vite à la mort. Pourtant j’avais mangé ta haine, et les mots que tu m’avais écrits à la plage m’ont aidée à tenir sur le moment. Je n’ai su que t’aider à tenir un moment.


Plus éveillée, m’offrir un futur où repose, sur le bois travaillé, l’alliance d’or et d’argent. Le rouge-brun de l’action perle mon corps, comme les draps que les Libanaises parfument de rose. Comprendre ce qui prolonge les mains, comme prolonge ou entoure le halo de lune, pour poursuivre et attraper son but. Cette nuit, dans le ciel, je n’ai vu briller que l’étoile du Nord, j’ai frissonné de sa solitude.


Grogne encore le vent. C’est déjà l’aube, et j’entends les pas vifs de ma voisine. Dans la ville, parmi les bateaux, pense-t-elle aux nombreux trains qui sillonnent la campagne ? Éreintée par le manque de sommeil, je bois mes cafés. Encore un jour où l’étoffe de mon écrit me demande courage ; en ayant si peu d’or, j’ai compris l’or ! Audacieuse vie des vivants, combien est chère la vie. Je n’écoute toujours pas le bruit sourd du vent. Pour moi il n’est plus qu’une colère.


Toi qui partages mes jours, je t’appelle. Tu apparais à nouveau dans le silence où, livrée à moi-même, je tente une sortie dans le voyage de la nuit. Tenir promesse à mes promesses, comme l’on mène bataille aux chimères. Tout n’est pas encore dit, devant je vais. L’histoire ne m’empêchera pas de me détendre, de dormir ! Il n’est ni tard, ni tôt, pour parfaire ma robuste marche. Si peu d’hésitation pour soulever la pierre de ce qui fût jadis mon tombeau.



Septembre, octobre 2015


L’AMOUR GAGNE

Vous voulez nous rendre des bêtes, mais vous êtes déjà des bêtes. Vous voulez nous traquer, de ma naissance à ma mort je vous combattrai. Je me battrai pour ma liberté, mon honneur je ne vous en parle pas, car vous ne comprenez même pas ce mot. Parfois j’ai l’impression de vivre plusieurs vies, tellement le temps passe lentement sous votre joug. Mais ma plume sait arrêter le temps, pour trouver l’issue que je cherche depuis tant d’années. Sale vent pour les braves.


Patrie tu ne m’auras pas. Tu n’es qu’un molosse amorphe, tu dresses les tiens comme des chiens. Ma planète n’a pas de frontière et un bouclier qui est l’atmosphère. Je retrouve le souffle vital du feu de mon cœur, la sève de mes neurones m’irrigue, comme coule un long fleuve tranquille qui fait onduler mon corps. Mes rêves me sont chers et moi aussi j’ai un bouclier, un arc et des flèches. Ma naïveté s’est changée en intuition, mon sixième sens sait rendre la pareille. À chacun son dharma.


Marseille se tait, Marseille est coite. Marseille se met à bouger. J’habite dans Marseille, mais où habite Marseille ? Quel jeu joue la populace de classe moyenne ? La guerre s’acharne encore contre les sages, le nez des traîtres coule maintenant, comme les nôtres, et ils appellent leur mère. Marseille pleure sans larme, Marseille se noie. Le premier qui parle noie le silence.


« Quelque chose est plus fort », quelque chose me dépasse. Mais que cesse ma souffrance, je n’en vois plus la fin. La guerre est là qui me ronge, mais l’homme agit et donne des réponses, comme savoir qu’il se lèvera le lendemain, et mélangera les mots jusqu’à assouplissement de sa pensée. Merveilleux voyage de lire entre les lignes, oui tu es, mais tu n’es pas à eux. Je fais partie des étoiles, comme eux, mais eux le nient. Comme l’univers toute la terre palpite, et se bat de gré ou de force.


J’ai toujours eu la force et foi en la vie.

Ma communauté me manque, mais cela ne serait pas reconnaître mon chemin.

Ils prennent le pouvoir par la force et la terreur et ils ne savent pas quoi en faire. Alors ils se dressent en contre et complotent contre les braves.

Ceux qui croient que les trois Marie sont une énigme policière trompent le peuple.


« Sacré Charlemagne ». Comme moi il écrivit tard. Comme moi, il eut un rêve de chasse, que m’envoya Artémis. Comme moi il aimait les enfants à l’école. « Sacré Francine », tu témoignes. Barbe fleurie, fleurs au balcon, yeux plein d’humanité, plaine, plaine, plaine. On ne dira jamais assez ce que l’histoire doit à celui qui fut juste et courageux.


Quand je suis devant ma feuille blanche, la joie m’éclaire. Se joue dans ma praxis une destinée connue de moi seule. Je suis à la hauteur de la tâche, choisie parmi le hasard de la multitude. Ohé, pays, tu vogues parmi les symboles populaires, et tu croises d’autres navires perdus au firmament. Moi qui suis quelqu’un de simple, sur la terre ferme je bâtis ma forteresse.


Je n’écoute pas le vent, la colère des hommes. La nature ne dicte pas sa loi à l’humain, même si l’on ne peut l’oublier. La vie est dure mais n’est pas une vie de bête, comme on veut nous le faire vivre. Je dis bête et pas animal, car les animaux ont une âme. Ils ont trahi les nations amies, ils ont trahi leurs peuples, ils trahissent père et mère. Ils ont trahi la terre. Quelques sages encore, mais que peuvent quelques sages contre des masses de brutes ? Il ne leur reste que le sexe aux brutes. Mais le sexe n’est rien, c’est l’amour qui gagne.



Septembre 2015

Angle d’horizon

Le monde n’est tout de même pas une grande loterie ! Il est un récif où s’accroche notre âme. Nous divaguons souvent, domptés que nous sommes, par nos rêves, nos cauchemars. Mais quand l’éveil nous prend, nous œuvrons et découvrons alors ce qu’est la vraie vie. Avant que le froid de mon corps ne m’emporte, moi qui suis restée si longtemps figée, à ne savoir que tenir à la vie, pourvu que ma main adroite trace encore des signes. Je doute pourtant de mon intelligence, comme il arrive à l’ermite de douter s’être retiré du monde.


Descartes pensait que l’on pourrait vivre deux cents ans. Peut-être a-t-on de la chance de mourir avant. Le combat se mène ensemble de toute façon, quel que soit notre choix. À moins que tout cela ne soit qu’un hasard, que du hasard. Ma peine vient plutôt de cette lutte incessante pour la survie, qui m’assaille. Parfois même m’attirerait à la plus grande haine. Haine aveugle, assommante, j’en demande pardon à ce masque neutre, car je n’en veux à personne en particulier. Et si parfois le masque tombe, pour me laisser entrevoir un visage, je le sens aussi démuni et perdu que moi. Il va de soi que je défends mon intégrité puisque je vis encore.


Rien, plutôt une hostilité, qu’ai-je donc de particulier ? Avec un moral à zéro, avec tout le loisir pour savourer ma défaite. Tout a un autre goût, l’air, la nourriture. Tout a un autre visage, les voisins, les rues, les immeubles, les pleurs des enfants. Je n’avais peut-être jamais vu Marseille, pourtant ma tête toujours dans les nuages, et ma ville m’enchaîne. Rien d’étrange pourtant, plutôt une hostilité, que je ressens de toutes mes fibres. Oui, tous me rejettent et c’est bien cela qui me pose problème. Qu’ai-je donc de si particulier ?


J’ai d’autres chats à fouetter, que de m’occuper des ragots de ma voisine.

Dans les moments difficiles chacun montre ce qu’il a dans les tripes. Même soi on ne le sait à l’avance. Sous les pavés il n’y a plus la plage, mais des pelouses interdites. Qu’est-ce cette dispute qui éclate sans raison, sinon un proche qui prend ses distances.


De l’angoisse à la peur. De la peur à l’engagement. De l’engagement au pouvoir. Ainsi c’est « l’au-delà du bien et du mal », l’aboutissement du chemin parcouru.


Elle est revenue la lune froide, les hirondelles et les martinets, eux, s’en sont allés. Je peux enfin être heureuse, comme aux premiers jours de notre rencontre, vivant d’amour et d’eau fraîche. Le signe n’était pas le bon, pourtant j’écoutais le chant. Comme tout le monde je mettrai les deux pieds dans ma tombe, peut-être le temps d’un frisson. Mais jamais je ne chanterai autre chose que l’ode à la terre.


J’en appelle à ce qui surprend, pour me libérer du joug de la nuit. Je défais mes chaînes comme je dénoue l’écharpe de mon cou. Je ne suis pas allée contre mon éthique, les pièges ont tous échoués. Je n’ai aucun goût du sacrifice, tout dans mon être désire le bien vivre, tend à mon harmonie. Ce fort sursaut de vie en moi m’entraîne dans ce que j’ai de plus précieux, et je jure de ne plus cesser de le défendre, le cœur battant de joie.


Avec toi nous parlons comme si nous nous déplacions aux quatre points cardinaux, aussi quand nous nous séparons, nous sommes légers de cette richesse éparse.

Dans le ciel des Hautes-Alpes tant d’étoiles, si serrées les une aux autres. Tant d’étoiles, tant d’étoiles. Tous les deux, nous ressemblons à de petits vieux, avec nos pulls de laine, assis sur le banc en bois devant la maison. Calme je regarde ce ciel, je le trouve si rassurant d’être tant piqué d’étoiles.


Je suis humaine et je n’arriverais pas à voir le tout ? Et tu te tais, et tu es tue. La souffrance se retire, dans ce vide où s’engouffre ma quête. Elle doit imprégner mes sens, mon esprit. La solitude m’enseigne, car elle me met face au tout. Me voici moins seule. Avec ma connaissance je m’en sortirai, c’est un combat, je le conduis.


Novembre 2015





Comme du pain aux oiseaux

AGUÉRIE - Boule de terre - Sans titre - Devant ma glace - La porte de mon jardin - JE N’AI JAMAIS JOUÉ - Des jours absents - Cette hiérarchie personnelle - Est-ce une ronde ?

II - LE GROUILLEMENT DES HUMAINS - L’AMOUR GAGNE - Angle d’horizon




© Francine Laugier, novembre 2015.

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